Secteur de la télévision : les grands groupes ont les moyens de faire face aux géants du Net
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Actualité juridique

Secteur de la télévision : les grands groupes ont les moyens de faire face aux géants du Net

Les chaînes de télévision résistent tant bien que mal à la concurrence d’Internet. Leur environnement réglementaire trop contraignant pourrait être assoupli.

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Vers une réglementation moins rigide

Les recettes de la publicité à la télévision, qui avaient chuté en 2012 (-4,5 %) et en 2013 (-3,5 %), n’ont pas rebondi depuis, en raison de la concurrence des géants du Net. Le marché, stagnant en 2014 (+0,1 %), 2015 (+0,6 %) et 2016 (+0,4 %), est de nouveau attendu stable cette année, autour de 3,25 Mds€. Canal+ et D8 (Vivendi) seront sans doute en repli, ainsi que France 2.

La part de marché des groupes TF1 (qui comprend aussi les chaînes TMC, NT1, HDI et LCI) et M6 (incluant W9 et 6ter) devrait, en revanche, s’étoffer par rapport à 2016 (respectivement 44,7 % et 24,4 %). Fin juin, les recettes publicitaires des deux groupes étaient en hausse de 1,2 %, à 745 M€ et 3,8 %, à 414 M€. En outre, le carcan réglementaire pourrait être assoupli. Déjà, TF1 vient d’être autorisé à diffuser des publicités dans les journaux télévisés de plus de 30 minutes, comme pouvait déjà le faire M6.

Et le plafond de 12 minutes de spots publicitaires par heure glissante pourrait bientôt être calculé selon une moyenne quotidienne. Cette simple mesure pourrait apporter 50 M€ au secteur, soit 1,5 point de croissance. En outre, la pub pourrait être bientôt autorisée pour les films de cinéma.

Cibler la pub

Et surtout, le gouvernement pourrait revoir un décret de 1992 interdisant la pub ciblée, ce qui serait déterminant pour lutter contre Google et Facebook. L’avantage serait progressif, car toutes les box télécom ne sont pas encore adaptées. Le ciblage est déjà possible pour la télévision de rattrapage (display). Dans ce domaine, TF1 a créé, à Londres, une régie numérique commune avec l’Allemand Prosieben et l’Italien Mediaset. Dans la foulée, selon Natixis, ces 3 acteurs historiques pourraient aussi rapprocher leurs activités de production de contenus, secteur en pleine concentration. Quant au dernier indépendant coté du secteur, NRJ Group, il pourrait changer de main. Le groupe radiophonique de Jean-Paul Baudecroux (80 % du capital) ne parvient toujours pas à rentabiliser sa diversification dans la télévision, avec les chaînes NRJ 12 et Chérie 25. Heureusement, leur valeur en cas de cession dépasse les pertes accumulées.

Les principales valeurs du secteur
Valeurs Evolution sur 1 an Evolution sur 5 ans
TF1 +30,5 % +53,5 %
M6 +14,8 % +56 %
Vivendi +12,1 % +29,8 %
NRJ Group +15,5 % +115,5 %

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